Le Très Saint-Sacrement

Après trente ans de silence, il avait pris la parole. Ses disciples étaient suspendus à ses lèvres. Les foules accouraient pour l’entendre. On disait : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. »
Ce soir-là, il avait réuni ses disciples. C’était un repas d’adieu. Il coïncidait avec la fête juive de la Pâque. On mangeait l’agneau pascal. On rendait grâce. Il a alors très légèrement changé le rituel. Après la bénédiction pour le pain, il a ajouté : « Ceci est mon corps, livré pour vous. » Après la bénédiction sur la coupe : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui sera versé pour vous et pour la multitude. »
Est-ce que ses disciples ont compris ce qu’il faisait là ? Sans doute pas beaucoup plus que nous. Est-ce qu’ils ont pourtant admis ce qu’il disait ? Sans doute oui, parce qu’ils avaient constaté que sa parole était toujours véridique, même si elle pouvait être difficile à comprendre. Il disait : « Que votre oui soit oui. » et lui-même était ainsi. On pouvait lui faire une totale confiance. Il était la vérité même.
Au fil des siècles, sans cesse à nouveau, les chrétiens partagent le pain du Christ. Des prêtres sont là pour redire ses paroles : « Ceci est mon corps, livré pour vous. » Est-ce que nous pouvons croire qu’il s’agit de quelque-chose de réel ? Oui, pour la même raison que les apôtres, à cause de la parole du Christ.
Le prêtre élève l’hostie consacrée. Un court silence se fait. Nous adorons. Bientôt, ce sera la communion, puis l’envoi. On conservera dans le tabernacle les hosties qui seront restées en sur-plus. Elles serviront à donner la communion aux malades. Elles nous permettront aussi de venir pour adorer.
L’adoration eucharistique complète merveilleusement la célébration de la messe. À la messe, les paroles se succèdent, entrecoupées de courts temps de silence. Quand on se réunit pour adorer, il peut y avoir quelques chants, mais on a tout le temps qu’il faut pour faire silence et se laisser aimer.
Père Jean-Loup Lacroix

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