Une charité pastorale anticipée

Les paroissiens fidèles de Saint-Sulpice sont habitués à voir de nombreux prêtres concélébrer aux différentes messes de semaine et du dimanche. Des chrétiens de passage sont parfois légitimement un peu choqués de cette richesse compte tenu de la pauvreté de certains diocèses de banlieue ou de province… « Les plus jeunes ne pourraient-ils pas desservir les campagnes où il n’y a plus de prêtres, plutôt que de se retrouver à cinq ou six pour concélébrer ? ».
La question est vraiment légitime, mais s’ils sont là, c’est une triple richesse pour eux-mêmes et pour l’Église :
• une richesse pour eux-mêmes car ils ont la chance de se former dans un autre contexte que le leur, de découvrir une autre réalité d’Église, dont l’histoire est souvent liée à la réalité missionnaire fondatrice de leur propre Église. Ils ont aussi la chance d’avoir un temps dégagé pour se former dans des matières qui requièrent une vraie disponibilité intellectuelle et des bibliothèques spécialisées : théologie morale, théologie biblique, théologie des religions, philosophie… Même le week-end, ils ont besoin d’avoir du temps et de la disponibilité pour lire, rédiger, préparer leurs exposés … Ils ne pourraient mener à bien cette mission s’ils étaient pris par la pastorale dans une paroisse de province ;
• une richesse pour leur propre diocèse car ils vont devenir, lorsqu’ils vont rentrer, des personnes ressources pour leur diocèse et pour la formation des prêtres dans leur pays. On peut dire que leur présence est de la « charité pastorale anticipée » : le fait qu’ils soient ici et pas dans leur pays ou à desservir les paroisses françaises en manque de prêtres est une vraie ascèse pour eux-mêmes et leur pays, mais c’est la condition d’un déploiement de leur charité pastorale dans les années à venir ;
• une richesse pour notre paroisse puisqu’ils ont chacun à donner un témoignage extraordinaire sur leur vie, sur la réalité humaine et pastorale de leur pays. N’hésitons pas à les inviter et à prendre le temps de partager avec eux.
Cette année à cause de la crise sanitaire, très peu de visas étudiants ont été accordés et nous n’avons pas reçu de nouveaux résidents au presbytère, à part le curé et le père Cournault qui ont été présentés dans les deux derniers « Tous frères ».
Voici donc les 18 prêtres résidents au presbytère et qui sont là au service de l’Église :
• Le curé (Henri de La Hougue) et les deux vicaires (Henri Châtelet et Raphaël Cournault)
• les prêtres sulpiciens en situations de retraite, mais bien actifs : Maurice Pivot, François-Xavier Linh, Bernard Lorin et Paul Loc
• les prêtres étudiants :
• sept candidats sulpiciens : deux béninois (Blaise Akpoli et Innocent Attounon), deux venant de la République démocratique du Congo (Claude Ilikiwa et Joël Mambe), un autre du Congo (Serge Louamba), un du Vietnam (Joseph Tuan) et un du Cameroun (Pierre Titi Ndjock)
• deux autres prêtres étudiants : Robert Tsakadi du Togo et Mesmin-Clotaire Gbaya Vickomo de Centrafrique
• deux prêtres ukrainiens qui appartiennent à l’éparchie Saint Volodymyr-le-Grand (cela correspond à un diocèse pour les ukrainiens catholiques de France, Suisse et Bénélux) et qui desservent la cathédrale catholique ukrainienne de Paris : Lubomyr Fylypchak et Volodymyr Pendzei.

Tous au service de l’Église !
Père Henri de La Hougue

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