Les canons 519 à 538

La lettre de nomination des curés à Paris est un document officiel, très bref, qui définit les conditions et la durée de la nomination. Le contenu de la mission y est abordé par cette mention : « Vos fonctions, vos devoirs et vos droits de curé sont définis par les canons 519 à 538 (…) vos pouvoirs seront régis par les canons 539 et 540) ». Ceux d’entre vous qui sont intéressés pourront consulter sur internet ces canons du Code de Droit Canonique de 1983. Il y a des canons assez évidents qui détaillent les sacrements et célébrations dont le curé a la responsabilité (530), d’autres plus administratifs qui envisagent les conditions techniques d’âge (538) et d’idonéité (idoine = qui convient, qui est approprié) du curé (521). Je souhaiterais vous partager assez librement et personnellement ce qui m’a le plus touché à la lecture de l’ensemble de ces canons.
Même si la tenue d’une paroisse comme Saint-Sulpice, avec toutes ses dimensions, est très largement une œuvre collective, le curé exerce une œuvre collective, le curé exerce une responsabilité personnelle (520). Il est le « pasteur propre » de la paroisse qui lui est remise (519). Cela n’augure aucune prétention d’autoritarisme, mais une nécessaire configuration personnelle au Christ pasteur. Le curé n’est pas un d’abord un administrateur interchangeable, mais une personne précise, Henri de La Hougue, à qui le Christ confie (par délégation de l’évêque) une part de son ministère. Ce choix n’est pas lié à des compétences extraordinaires ou à une fiabilité sans faille, mais à un appel discerné dans l’Église et à une réponse vécue dans un esprit de service.

Le curé exerce, avec des collaborateurs (prêtres, diacres et laïcs) une triple fonction : enseigner, sanctifier et gouverner (519). L’enseignement se manifeste dans la proclamation de la Parole de Dieu, la prédication et la catéchèse (528). La sanctification se manifeste dans l’administration des sacrements, l’initiation à la prière, l’accompagnement des familles et des personnes, notamment celles en difficultés (528-530). La fonction de gouvernance, qui rend le curé responsable de l’ensemble de la vie paroissiale, depuis les choix pastoraux jusqu’aux finances, se vit dans la collaboration avec les prêtres, diacres et laïcs qui l’entourent, notamment avec l’aide d’un conseil pastoral et d’un conseil aux affaires économiques.
Mais tout cela demande du temps et de la présence, car l’Esprit Saint travaille les cœurs en profondeur dans la durée. Aussi n’est-il pas très étonnant que le code insiste sur la stabilité (522) de la mission curiale et de sa nécessaire résidence dans la maison paroissiale (533) Il est donc donné à cette tâche ; la paroisse est donc son lieu de vie et pas seulement un lieu de travail. Le curé pour cela doit s’efforcer de connaître ses fidèles, de visiter les familles, partageant leurs joies et leurs peines, soutenir les familles, aider les plus faibles et les plus pauvres (529). Ce n’est pas d’abord une charge, mais une joie parce que la paroisse devient pour lui une famille.
D’ailleurs un petit détail ne trompe pas : alors que les prêtres peuvent recevoir chaque jour des intentions de messes particulières, le curé, lui, doit célébrer chaque semaine la messe dominicale à l’intention du peuple qui lui est confié et ne peut pas prendre d’autres intentions. Il ne peut pas, selon le droit canonique, s’absenter pour des vacances plus d’un mois dans l’année. Bref, même si le droit canonique ne le dit pas explicitement, la paroisse c’est sa nouvelle vie, sa nouvelle famille et je le vis comme un merveilleux cadeau qui m’est confié en vous invitant à prier pour que je sois toujours au service de la rencontre entre le Christ et chacun, chacune d’entre vous.
Père Henri de La Hougue

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