En Avent !

Nous ne pouvons que nous réjouir que la diminution des cas de COVID permette aujourd’hui l’ouverture des commerces dit « non essentiels ». C’est important à la fois pour la santé psychique des personnes isolées, pour la survie économique de beaucoup de petits commerces et pour rompre l’isolement des personnes confinées. La vie reprend et c’est bon signe.

Mais quelle tristesse et quel scandale quand nous avons appris que les lieux de culte n’étaient même pas placés au niveau des « commerces non-essentiels » dans l’échelle de valeur de gouvernement !

Je peux comprendre qu’à un niveau très élevé d’occupation des lits de réanimation, le gouvernement confine la population, mais dès lors que l’on rend possibles tous les achats dans tous les magasins, que l’on autorise les personnes à se rendre dans les églises pour y prier… et que, dans les grandes églises comme la nôtre, elles s’y retrouvent parfois à plus d’une centaine, comme c’était le cas les derniers samedis et dimanches après-midi… comment comprendre qu’on doive faire sortir tout le monde pour célébrer la messe ?

Quel sens cela a-t-il de fixer arbitrairement un quota autorisé de trente personnes pour la pratique du culte, sans prendre en compte la taille du lieu de culte ? Pourquoi ne pas laisser aux préfets et aux maires le soin de décréter eux-mêmes, en fonction des églises qu’ils connais-sent, le quota qui assurerait un respect sanitaire strict ?

Avec les dimensions de Saint-Sulpice, chacune des 30 personnes autorisées à y assister à la messe disposerait de 100m2 de surface au sol, sur 30m de hauteur. En temps ordinaire, nous sommes habilités à recevoir 2200 personnes : à 30, nous sommes réduits à 1,5% de ce qui est possible. A quel magasin, à quel hémicycle, impose-ton un tel régime ?

Avec le bureau du conseil pastoral, en concertation avec les autres églises du doyenné et avec le vicaire général, voici comment nous avons essayé de prendre en compte avec réalisme les demandes de l’État.

Il nous a semblé illogique de fermer l’église pour célébrer les messes dominicales, alors que le gouvernement vient d’autoriser la réouverture des messes. Il est impossible de faire sortir certains chrétiens de l’église plutôt que d’autres pour célébrer avec quelques privilégiés.

Pour permettre au plus grand nombre d’assister à la messe, nous avons ajouté une messe à 10h le dimanche. Pour toutes les messes dominicales, excepté celle de 7h qui sera, comme d’habitude, à la chapelle de l’Assomption, nous avons instauré un périmètre « sacré » qui accueillera, devant le maître-autel, les 30 personnes « autorisées ». Ceux qui n’auront pas pu arriver à temps pour y trouver de la place pourront toujours suivre la messe de plus loin, en « visiteurs », s’asseyant où ils voudront dans la deuxième partie de la nef ou dans les transepts. D’autres pourront aussi suivre ces messes sur You Tube (www.pss75.net), où elles continueront à être retransmises aux heures habituelles. A l’issue de chaque messe, les « visiteurs » pourront recevoir l’eucharistie à la chapelle Sainte-Anne et aussi déposer une offrande de quête, s’ils le souhaitent.

Avec l’ouverture des « commerces non-essentiels » les français sont invités à profiter des trente jours avant Noël pour faire leurs achats de Noël, et sans doute aussi pour mettre un peu de côté la situation économique et sanitaire qui mine l’ambiance de fin d’année. Et c’est très heureux. La liturgie, elle, propose aux chrétiens trente jours d’Avent, c’est-à-dire trente jours de méditation sur l’avènement, la venue de notre Seigneur. Ici il ne s’agit ici pas de mettre de côté les épreuves de la vie, mais d’y inviter le Christ pour qu’il vienne nous donner espérance et force et donner sens à ce qui est en train de se vivre aujourd’hui dans notre monde. Pour nous y aider, à partir de ce samedi 28 novembre, toutes les messes de semaines reprennent aux heures habituelles : 7h, 9h, 12h05 et 18h45.

Que le Seigneur mette la joie dans nos cœurs en ce temps d’épreuve pour que nous puissions nous réjouir de nous préparer à accueillir le Christ qui vient nous apporter sa paix et le salut.

Père Henri de La Hougue

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