Fête du Pardon

Le 11 décembre prochain aura lieu dans notre paroisse la fête du pardon : une après-midi et une soirée consacrée à la réconciliation et au pardon.
Si carême est traditionnellement associé à la pénitence, pourquoi le temps de l’Avent serait-il aussi un temps privilégié pour vivre le pardon ? Pour le comprendre il faut replacer la fête du pardon comme la fête d’une relation entre Dieu et son peuple, puis entre Dieu et chacun de nous.
L’Avent est le temps où nous cherchons, dans nos manières de vivre et dans nos projets, à laisser au Christ une place centrale. Nous le laissons fédérer les liens qui nous unissent avec chacune des personnes qui nous entourent et avec celles qui nous sont moins proches, mais que nous portons dans notre prière.
Puisque notre foi est d’abord une relation personnelle avec le Christ, les règles basiques des relations humaines fonctionnent aussi avec lui. En voici trois :
– Il n’y a pas de relation dans la durée sans pardon reçu et donné : Il est inévitable que dans la durée, des manques d’attention et de délicatesse, des incompréhensions … et parfois des paroles blessantes surviennent dans la relation. Or plus cette relation est proche, plus ces petites blessures peuvent être vives. Le seul moyen, non seulement de surmonter cela, mais de l’intégrer positivement dans le désir de construire une relation durable, c’est de savoir demander, recevoir et donner le pardon.
– Car le pardon n’est pas qu’une « remise à zéro des compteurs », mais un amour qui accepte la vulnérabilité de chacun. Demander pardon c’est dire à l’autre : « j’ai besoin de toi » ; donner le pardon c’est dire à l’autre « je t’aime tel que tu es, avec tes limites ». Un couple qui sait régulièrement vivre le pardon mutuel se sait solidement lié, capable de traverser les épreuves ensemble. Il n’est pas dans l’idéalisation, mais dans la réalité d’une relation qui est inévitablement marquée par le péché et régulièrement réconciliée et donc encore davantage consolidée. Il ne rêve pas d’un ailleurs qui serait plus beau, parce qu’il est dans le réalisme et capable d’accueillir ce qu’il y a de plus beau dans ce qui s’est déjà construit.
– Si nous sommes focalisés sur les fautes, la tentation est parfois de ne voir que les chutes, de n’avoir que l’impression de ne pas avancer. Comme un couple qui se contenterait de l’amer constat qu’il se dispute depuis 50 ans sur les mêmes choses, sans réaliser tout ce qui s’est construit dans leur vie depuis 50 ans : enfants, petits-enfants, vies professionnelles et amicales. Ce qu’ils avaient voulu faire en se mariant, ils l’ont largement accompli et en sont heureux. Les pardons donnés et reçus ont été les moteurs de leur aventure familiale.
Ainsi en est-il aussi de la relation avec Dieu : lui demander et accueillir son pardon, c’est se savoir aimé, y compris avec ses fautes, pouvoir grandir et approfondir la relation avec lui à chaque réconciliation. A chaque fois c’est une nouvelle marche sur le chemin de la sainteté et même une pierre solide dans la construction de l’Église tout entière. En effet, cette relation réconciliée ne manquera pas de porter du fruit dans notre entourage proche et dans notre prière aimante pour le monde.
Ce qui compte d’abord aux yeux de Dieu, ce n’est pas nos fautes en elles-mêmes, y compris si elles reviennent régulièrement ; c’est la qualité de la relation que nous voulons vivre avec le Christ dans le temps et qui se construit notamment à chaque pardon demandé et reçu.
Profitons de cette fête du Pardon pour poser une pierre de plus dans la construction de notre vie et de toute l’Église.
Père Henri de la Hougue

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