La crèche

Six ans après son ordination, en 1856, un prêtre de Lyon, le bienheureux Antoine Chevrier vit une véritable conversion spirituelle devant la crèche et décide de consacrer sa vie au service des plus pauvres. Dans sa prière devant la crèche il s’adresse notamment à l’enfant Jésus en lui disant : « Et vous, Saint Enfant Jésus, que j’aime à vous voir, à vous contempler dans ce pauvre lieu ! Comme vous avez bien fait de naître dans cette étable ! Là, votre accès est facile, tout le monde a le droit de venir vous visiter et vous le voulez ainsi pour recevoir tout le monde ». :
Élément traditionnel du décor de Noël dans beaucoup de régions du monde, la crèche est dans les familles chrétiennes le signe que Noël reste une fête religieuse : installer la crèche avec les enfants ou les petits enfants, c’est toujours un bon moyen de vivre avec eux l’Avent comme un temps où on se prépare à fêter la venue de Jésus et pas seulement où on pense aux cadeaux de Noël. L’émerveillement des enfants devant les santons permet aux parents de trouver plus facilement les mots pour prier en famille, de parler de Jésus, Marie et Joseph
Spontanément en contemplant la crèche, on pense aussi à ceux qui n’ont pas de domicile, aux pauvres et aux personnes en état de faiblesse. Et plus notre société est éloignée de la foi, plus installer la crèche devient un acte de foi : un choix des parents désireux de marquer la dimension chrétienne de leur foyer.
Depuis une semaine la crèche est également installée dans notre église et, déjà, beaucoup de personnes viennent s’y recueillir et parfois allumer une bougie devant Marie et Joseph attendant la venue de l’enfant Jésus.
La crèche vient nous parler de manière toute simple de Dieu et de la relation qu’il veut avoir avec chacun et chacune d’entre nous : il nous propose d’entrer dans une relation familiale avec lui : parler à Dieu c’est aussi simple que de parler à un papa ou une maman ; grandir dans la foi, c’est grandir comme un enfant dans la confiance en ses parents qui veillent sur nous… Comme dit Antoine Chevrier, l’accès à Dieu y est facile.
La crèche vient évoquer de manière très concrète le mystère de l’incarnation : en Jésus, Dieu s’est fait chair. Dieu est vraiment venu dans notre monde sous la forme d’un être humain, une chose incroyable à laquelle nous nous sommes presque trop habitués pour en réaliser la pleine signification : Dieu s’est fait l’un de nous pour que nous puissions devenir comme lui. Il a pris notre visage. Parfois quand un enfant ressemble à son père on dit pour plaisanter qu’il ne peut pas le « renier ». Dieu ne peut pas nous renier, car nous lui ressemblons désormais trop.
A la crèche Jésus nous présente aussi sa mère, Marie, à qui il va confier la mission de veiller sur ses disciples, au pied de la croix. Il nous présente Joseph, son père adoptif, grâce à qui Jésus a eu une famille humaine, une place dans la société et a appris un métier. Marie et Joseph sont encore là, à nos côtés pour apprendre à accueillir le Christ à notre tour et devenir Fils adoptifs du Père.
La crèche vient aussi nous rappeler le choix de Dieu de s’incarner dans un milieu très simple : pas de luxe, pas d’embarras, pas de complexité, Jésus est là pour tous. Le bonheur se trouve tout simplement là où Dieu se rend présent. Avec les bergers, le ciel étoilé, les animaux qui réchauffent le petit enfant, la crèche nous invite enfin à regarder comment l’extraordinaire de Dieu peut aussi se manifester dans les échanges quotidiens et la nature qui nous environne. Lorsque nous accueillons le Christ, tout prend du relief : les sourires échangés, la beauté de la nature, les animaux de compagnie. Chacun a sa place dans le royaume Dieu et nous y sommes conviés.
Père Henri de la Hougue

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