Noël

Noël est la fête la plus populaire du christianisme, même si c’est la fête de Pâques, le jour de la résurrection du Christ, qui vient donner tout son sens à ce jour de la naissance du Christ. Le mot lui-même, à l’origine natalis (= (jour) de la naissance), a été tellement prononcé au cours des siècles et des régions, qu’il s’est déformé en natal, nadal, nael, puis noël.
C’est la fête des familles, parce que c’est une naissance qui rappelle ces moments merveilleux où la vie surgit dans une famille. L’enfant est frêle, les yeux à peine ouverts dans les premières heures, dépendant à chaque instant de ses parents ; il ne sait pas faire grand-chose : il tête, il dort, il pleure… Pourtant tout est déjà tourné vers lui : on le prend dans les bras, on l’écoute respirer, on guette ses premiers sourires. On prend photo sur photo, car on découvre à travers chaque mimique une nouvelle expression de cet enfant qui est à la fois le nôtre et qui nous échappe déjà complètement. Il est plus important que tout car il est notre présent et déjà notre avenir : désormais c’est pour lui que nous vivons. Et quand la famille s’agrandit, ce ne sont plus seulement les parents, mais aussi les grands frères et grandes sœurs qui accueillent ce petit enfant avec émerveillement, avec parfois même une pointe de jalousie car le centre de l’attention des parents n’est plus sur eux, mais sur le petit bébé.
Ainsi en est-il de Jésus : en lui, Dieu s’est fait petit enfant et vient, de manière toute frêle, se faire dépendant de nous, de notre bienveillance, de notre disponibilité. Et pourtant il porte en lui-même la vie et l’avenir de nos vies. Il vient aussi faire l’unité de nos familles, de manière très concrète puisque cette fête de Noël est traditionnellement le temps où les familles se retrouvent et où même certaines familles séparées se retrouvent pour passer un moment ensemble autour des enfants.
Et pour les célibataires, hommes et femmes qui n’ont pas la chance d’avoir pu construire une famille où qui en sont séparés, comment accueillir la joie de Noël ? Ils se retrouveront peut-être plus dans la figure des bergères et des bergers, plus à distance de la famille, mais qui pourtant sont invités à se réjouir de la bonne nouvelle d’un sauveur : Dieu lui-même qui se rend simple d’accès, qui vient nous visiter dans nos activités quotidiennes, à qui l’on peut parler comme on parle à un enfant. Peut-être se retrouveront-ils mieux dans la figure de Joseph, le père adoptif, celui qui accueille Jésus comme s’il était son propre fils et qui reçoit la mission de le faire grandir d’abord dans sa propre famille pour lui permettre ensuite de rayonner autour de lui ?
Noël peut-il aussi être une fête pour les non-chrétiens ? Les musulmans se réjouissent de la naissance d’un de leurs grands prophètes, Jésus (‘Isâ) celui qui, dans le Coran, est né aussi de la Vierge Marie et qui portera le message de l’Évangile. Les « chercheurs de Dieu » ou les « chercheurs de sens » pourront sans doute se retrouver dans la figure des mages venus d’Orient qui ont cherché dans leurs propres écritures, dans leurs propres références à la divinité, ce qui, ou celui qui, pouvait donner sens à leur vie. S’ils ne reconnaissent pas en Jésus l’aboutissement de ce qu’ils recherchent, peut-être pourront-ils le percevoir comme une étape dans cette recherche ?
En tout cas pour nous, chrétiens, cette fête de Noël est une bonne nouvelle pour toute l’humanité, car en ce jour, nous fêtons Dieu qui est venu partager notre condition humaine pour que tous les hommes puissent un jour participer à la vie même de Dieu.
Père Henri de La Hougue

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